Les acteurs clés des produits structurés : de la conception à la commercialisation

Les produits structurés mobilisent différents acteurs dont chacun assure un rôle précis dans une conception équitable, une distribution appropriée et une communication claire des informations à destination de l’investisseur final. La commercialisation des produits structurés est en effet très encadrée, et les régulateurs se montrent très vigilants tant au niveau de leurs présentations qu’au niveau de la cible client.

Quel acteur ?

Quelles missions ?

Les producteurs sont généralement des banques ou des institutions financières spécialisées. 

Ils conçoivent les produits structurés en combinant des instruments financiers (obligations, produits dérivés, etc.) pour répondre à des besoins spécifiques. 

Les producteurs jouent un rôle central dans les produits structurés, depuis leur conception jusqu’à leur gestion, avec une responsabilité claire : offrir des produits équilibrés, transparents. Ils doivent veiller à ce que les coûts de structuration soient optimisés pour maximiser les bénéfices pour les investisseurs, tout en respectant les exigences réglementaires et les bonnes pratiques du marché.

Créer une opportunité d’investissement pour l’investisseur : le producteur doit s’assurer que les caractéristiques du produit (rendement potentiel, protection en capital) reflètent réellement les coûts engagés. Si les frais sont élevés, cela doit être compensé par des avantages significatifs pour l’investisseur.

Optimiser rendements et coûts : les producteurs doivent garantir que les produits structurés sont conçus de manière à s’assurer que les coûts ne remettent pas en cause la performance du produit

Etre transparent : les producteurs ont l’obligation de décrire de manière claire, précise et non trompeuse les coûts et les mécanismes du produit dans la documentation commerciale et l’information réglementaire (Document d’information clé) fournie préalablement à la souscription du produit, afin que les investisseurs puissent comprendre comment le produit fonctionne et quels sont les frais et risques associés.

Respecter des règles de gouvernance : les producteurs définissent des marchés cibles pour les produits qu’ils conçoivent, et s’assurent de leur compatibilité avec les profils des investisseurs visés, notamment en termes de connaissance, d’expériences et de tolérance au risque.

Ils s’assurent par ailleurs que les produits, testés dans différents scénarios de marché, présentent un rapport rendement/bénéfices/risque/frais équilibré et justifié – ce que l’on désigne par le principe de “Value for Money” (VfM) ou « Valeur Coût Avantage » (VCA). 

Les distributeurs sont les banques de réseau, banques privées, assureurs, intermédiaires en assurance, courtiers, plateformes en ligne, conseillers en investissement financier. ou autres intermédiaires financiers. Ils sont le point de contact des clients investisseurs et proposent les produits structurés à ces derniers, souvent en les intégrant dans une offre diversifiée de solutions d’investissement.

Leur mission principale est de s’assurer que les produits proposés correspondent aux besoins des investisseurs tout en garantissant la transparence et le respect des bonnes pratiques commerciales.

Comme pour tout autre produit financier, les distributeurs doivent disposer d’un agrément et/ou d’un statut leur permettant de proposer des produits structurés afin notamment de garantir qu’ils satisfassent aux exigences réglementaires. Les agréments et/ou statuts des distributeurs peuvent êtes consultés sur les sites internet de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF), de l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR) et/ou sur celui du Registre Unique des Intermédiaires en Assurance, Banque et Finance (ORIAS).

Sélectionner et évaluer les produits : les distributeurs, dans le cadre de leur propre gouvernance produit y compris le marché cible, doivent sélectionner les produits en s’appuyant sur une analyse rigoureuse pour proposer ceux qui correspondent aux besoins de leurs clients.

Analyser les besoins du client et vérifier l’adéquation du produit : avant de recommander un produit structuré, le conseiller doit effectuer une analyse approfondie des caractéristiques personnelles et financières de l’investisseur (tolérance au risque, horizon d’investissement, objectifs de rentabilité, connaissances financières…). Le conseiller doit vérifier que le produit est adapté aux besoins du client.

Vendre et communiquer : le distributeur est le point principal de contact de l’investisseur et doit garantir une communication claire et transparente. Il doit présenter les produits, expliquer leur fonctionnement, et mettre en avant les avantages et les risques, et notamment le risque éventuel de perte en capital pour les produits dont la formule ne garantit pas le remboursement de l’intégralité du capital.

Expliquer simplement les produits : les produits structurés peuvent être complexes, avec des mécanismes techniques et des conditions multiples. Le rôle du conseiller est de les traduire en termes simples pour l’investisseur (fonctionnement, scénario possibles, risques associés, frais…).

Assurer le support client et former les conseillers : pour garantir un service de qualité, les distributeurs doivent veiller à la compétence de leurs équipes et à l’accompagnement continu des clients. Ils doivent répondre aux questions des investisseurs sur le fonctionnement, les frais, et les scénarios possibles. Une fois le produit souscrit, le conseiller doit rester disponible pour répondre aux questions, fournir des mises à jour, et aider l’investisseur à comprendre la valorisation du produit en cours de vie et jusqu’à son échéance.

Servir avec transparence : les distributeurs doivent s’assurer que leurs intérêts commerciaux ne compromettent pas la qualité du service donné aux clients. Ils doivent en toute transparence informer les clients des commissions ou frais perçus sur les produits vendus.

Les autorités de régulation (en France, l’AMF – Autorité des marchés financiers) et l’ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution) encadrent les pratiques liées à la conception et la distribution des produits structurés pour protéger les investisseurs.

Dans le cadre de la commercialisation des produits structurés, l’AMF et l’ACPR, chacune dans leur domaine d’intervention respectif, ont notamment pour rôle de :

Protéger les investisseurs : la mission principale des régulateurs est de protéger les investisseurs contre les abus et les risques liés aux produits financiers et à leur commercialisation. Sur les produits structurés, ils ont édicté des règles spécifiques, notamment sur les mécanismes de complexité des produits structurés dans le cadre de leur commercialisation aux investisseurs, ainsi que sur les critères de présentation d’une information claire, exacte et non trompeuse de la documentation à caractère promotionnel.

Définir la réglementation et superviser son application : l’AMF et l’ACPR surveillent les pratiques des producteurs et  des distributeurs pour garantir la conformité de la commercialisation des produits structurés et de la fourniture de services d’investissements par les distributeurs aux lois et règlements en vigueur.

Contrôler les pratiques commerciales : les régulateurs s’assurent que les producteurs et les distributeurs respectent les obligations de conseil et de transparence. Par exemple, dans le cadre d’une commercialisation en compte-titres, l’AMF contrôle régulièrement les brochures et communications à caractère promotionnel afin de s’assurer du respect des exigences réglementaires. En cas de litige, les investisseurs peuvent également recourir au médiateur de l’AMF ou au médiateur de l’assurance.

Promouvoir la compréhension grâce à des questions adaptées pour le client final

Intégrer des questions de connaissances dans le parcours client est une bonne pratique clé pour s’assurer que les investisseurs maîtrisent les fondamentaux des produits structurés avant de souscrire.

Par exemple :

  • l’ajout de sections “questions/réponses” dans les brochures ou documents commerciaux permettant de renforcer la compréhension du client et de répondre aux questions les plus fréquentes et pertinentes que le client pourrait se poser sur le produit (fonctionnement, risques, frais).
  • Au niveau des distributeurs, proposer aux clients un questionnaire simple et ciblé, avant la souscription, permettant de vérifier que les concepts essentiels sont bien compris. Ces questions valident des connaissances comme le fonctionnement du produit, les conditions de rendement, ou les risques potentiels. Cela peut également servir de support pour identifier les zones d’incompréhension et renforcer l’accompagnement du client, et a contrario de déconseiller le produit en cas de réponses fausses.

Exemple de questions

Il est important que les questionnaires soient adaptés et personnalisés par rapport aux caractéristiques du produit, au type d’indexation ou encore au niveau de connaissance de la clientèle ciblée.

Sont notamment à couvrir les aspects suivants :

    • La durée d’investissement maximale,
    • Le risque de perte en capital en cours de vie et à échéance,
    • Le sous-jacent / l’indexation : composition, pondération, révision de la composition, impact des dividendes ou décrément sur la performance…,
    • La rémunération du produit et le potentiel remboursement anticipé,
    • Les modalités de sortie éventuelle avant l’échéance,
    • Le risque de crédit sur l’émetteur et l’éventuel garant de l’émetteur.

Date de dernière mise à jour : 14 avril 2026

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