Quels modèles d’accès au conseil financier pour les épargnants ?

Quels modèles d’accès au conseil financier pour les épargnants ?  

De l’intérêt du choix pour le consommateur

Il existe deux façons pour un épargnant de payer son conseil financier. Directement sous forme d’honoraires ou par l’intermédiaire de la société de gestion du fonds qui va reverser une partie des frais au conseiller. Une vingtaine d’associations professionnelles européennes ont demandé au cabinet de conseil KPMG d’effectuer une comparaison de ces deux modèles de distribution coexistant aujourd’hui pour nourrir les réflexions des autorités européennes au moment où elles doivent décider d’un nouveau cadre.

Deux modèles de distribution

L’un d’eux rémunère le conseiller par une partie du prix du produit financier. Ce commissionnement constitue d’ailleurs la pratique la plus répandue en Europe continentale. L’autre demande à l’épargnant de payer des honoraires à son conseiller. C’est notamment l’usage au Royaume-Uni et aux Pays-Bas. Il arrive également que les deux systèmes coexistent, ce qui est le cas en France par exemple. Un modèle hybride de rémunération, établi en toute transparence avec le client, y est pratiqué par une grande partie des entreprises qui agissent comme conseillers en investissement financiers.

Points saillants

  • Un accès plus large au conseil nécessaire : 

Les principales conclusions de l’étude réalisée par KPMG montrent notamment que les pays qui ne pratiquent que la rémunération directe par le client n’ouvrent l’accès au conseil qu’à partir d’un certain niveau de patrimoine financier (100 000 Livres environ au Royaume-Uni et 500 000 euros aux Pays-Bas).

Alors même que les épargnants disposant d’un patrimoine moindre ont davantage besoin d’accompagnement faute d’habitudes et de connaissances, l’accès au conseil, justement rémunéré, leur est fermé.

  • Un niveau final de rémunération similaire : 

Outre ce premier constat d’une barrière à l’accès au conseil personnalisé, l’étude souligne, comparaison à l’appui, la similitude des coûts supportés par le client final dans l’un ou l’autre des deux modèles.

Spécificités culturelles

Au-delà des caractéristiques techniques analysées, la question culturelle est déterminante. 

Dans une Europe caractérisée par la faiblesse de culture financière, les particuliers ont besoin d’un accompagnement autant qu’un perfectionnement de leur éducation financière, pour lesquels le rôle du conseil reste nécessaire. 

En complément de l’étude, un sondage réalisé auprès d’investisseurs européens en témoigne. La volonté de se faire accompagner dans des actes de gestion financière, qu’il s’agisse de placements du quotidien ou d’opérations patrimoniales d’envergure, est manifeste. L’appétence pour le contact et le suivi personnalisé assuré par un expert financier demeure prépondérante. 

La question de la transparence constitue un axe de progression continue qui affermira la légitimité comme l’efficacité du conseil. 

A l’heure où les taux d’intérêts sont très faibles et où l’inflation repart, il est important que chaque européen soit accompagné dans les meilleures conditions en préservant la liberté de choisir le modèle d’accompagnement qui convient le mieux à sa situation. 

L’étude sera prochainement disponible en français

thumbnail of Etude_MifID-2021-web      Télécharger la version anglaise de l’étude

—————————————————————-

1 En France : L’AFG (Association de la Gestion Financière), l’AFPDB (Association française des produits d’investissement de détail et de bourse), l’AMAFI (Association française des marches financiers),  l’ANACOFI (Association nationale des conseils financiers), la CNCEF (Chambre nationale des conseils experts financiers), la CNCGP (Chambre nationale des conseils en gestion de patrimoine), la Compagnie des CGP, la FBF (Fédération bancaire française) ;

En Espagne : INVERCO (Asociación de Instituciones de Inversión Colectiva y Fondos de Pensiones), l’AEB (Aso- ciación Española de Banca), la CECA (Confederación Española de Cajas de Ahorros) et l’UNACC (Unión Nacional de Cooperativas de Crédito) ;

En Italie : la FeBAF (Federazione Branche Assicurazio- ni Finanza), l’ABI (Associazione Bancaria Italiana), AS- SOGESTIONI, ASSORETI (Associazione delle Società per la Consulenza agli Investimenti) et ASSOSIM (Associa- zione Intermediari Mercati Finanziari).

Une étude allemande réalisée au même moment aboutit aux mêmes constats.

 

Previous Article